2/28/2008

Taillefine, c'est bon pour ta ligne.

Un bidon dans chaque main, j'avançais à grands pas et à grand peine dans le champs aux herbes jaunies par la neige qui recouvrait jadis cette parcelle vallonée.
Mon grand-père, à ma droite, portait une truelle et un piochon. C'était son piochon favori, qu'il avait fabriqué il n'y a encore pas si longtemps, et qui permettait une grande liberté de mouvement. Léger et à dimension réduite, c'était l'outil idéal pour la mission qui nous attendait.
"-Là, devant toi, me cria t'il tout à coup."
Je l'avais repèré mais je lui laissais l'honneur et le bonheur d'afficher son savoir-voir. Puis son savoir-faire. Il s'accroupit, difficilement avec son mal de dos, de genoux, de hanche et de pieds, puis d'une main agile et sûre, il donna deux coups vifs qui soulevèrent la proie.
Il marqua une pause, et me dit d'une voix calme et pleine de savoir-dire, "tu dois veiller à glisser le piochon sous le monticule pour l'avoir en entier."
J'approchai le tonneau et il y jeta sa trouvaille en un seul morceau.
La bouse encore humide et fumante prenait bien le tiers du récipient.

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