
En cette fin d'après-midi, Bruno a le sourire aux lèvres.
Il est 18h56 et dans moins de 5 minutes il prendra l'ascenceur du 3ème étage pour mettre pied à terre. Il aime l'ascenceur et cette impression de plénitude, comme si ses tracas disparaissaient un bref instant, ensevelis par l'odeur de dessous de bras d'Isabelle, la dactylo du 5e. Il sentait un peu d'excitation lorsque elle pressait ses seins contre son dos et des tas d'idées pas trop religieuses lui venaient à l'esprit; le monte-marchandise tombait en panne, la chaleur montait très vite et Isa enlevait couche après couche, il l'imitait, leurs deux corps se rapprochaient, et c'est alors que la porte de l'ascenceur s'ouvrait et que Bruno se dirigeait vers sa place de parking.
Oui, sa voiture, ou plutot son petit bijou, tronait sur cette place que l'on lui avait officiellement attribué lors de sa promotion le 12 mars dernier.
Elle brillait car le quidam la bichonnait, il avait fait un choix, et sa compagne était passée à la trappe. Elle lui revenait beaucoup plus chère.
Sa caisse faisait du 4l aux 100.
Sur le chemin le séparant de son "chez-lui", il rutilait au volant de son engin.
Contrairement à son ex-bonne amie, il lui était aisé de faire crier le moteur d'autant plus qu'il ne faisait la vidange qu'une fois tous les deux ans.
Sa bonne humeur était de mise et s'intensifia lorsque chez lui, il ouvrit le programme télè et s'aperçut qu'il y avait une émission vraiment trop bien ce soir, avec son présentateur préfèré. Le comble est qu'il lui restait une pizza au congel.
La soirée s'annonçait vraiment tip top.
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